Après que le vent ait soufflé

Dongba est situé à l’est du district de Chaoyang dans la région de Pékin. Dans cet endroit, au nord de la rivière Ba et à l’ouest de la rivière Beixiao, vivent beaucoup de travailleurs migrants qui s’y sont installés car le loyer y est peu cher. On ne connaît pas exactement la date à laquelle ce bidonville a été créé, et on ne trouve pas non plus de statistiques sur la population de ce lieu dans l’annuaire officiel. Quand j’y suis allée en 2010, il y avait déjà une communauté de taille considérable. En raison du développement urbain, chaque année il est question de détruire cet endroit.

Le 18 novembre 2017, il y a eu un grave incendie dans un autre bidonville, situé dans le district de Daxing. Le gouvernement a alors ordonné d’assainir tous les bidonvilles autour de Pékin. Dongba n’y a pas échappé, et en 2018, 320 hectares de sa superficie ont été détruits. Les habitants ont été déplacés en très grand nombre.

Quand j’ai eu la chance de retourner à Dongba en octobre 2018, à la place des immeubles, un vert artificiel s’étalait, mélangé aux décombres. Au loin quelques logements étaient dispersés. Pendant mes années universitaires (2010-2014), je me baladais souvent à cet endroit. J’étais curieuse à propos de ces vies, de l’espace que les résidents avaient habité. Je me souviens encore des visages que j’ai vus ici, mais maintenant mes souvenirs n’ont nulle part où s’arrêter . Les traces de l’existence peuvent être si facilement effacées. Ces personnes avaient vécu invisibles, et seront oubliées avec le temps qui passe. Si le développement urbain est une chose inévitable, pouvons-nous tenir compte des personnes qui sont laissées pour compte?

Vue de présentation

2020, ESBAN, installation 14m × 5m, bâches, verres cassés, mirroirs cassées, briques cassées, projection d’images, édition.

Projection des images